dimanche 9 décembre 2012

Vieux cartons: festival expresso (3/3)

Chers lecteurs, 

Voici le dernier épisode de mes aventures expressiennes avec le Cheveu. 

Au programme ce soir, le dernier article qu'il m'a été chargé d'illustrer lors de cette rude "White Night"...

Cinquième sujet du contre-la-montre: Médias - Journaliste et histoire, information ou mémoire?

JOURNALISTES ET HISTOIRE, DEVOIR D'INFORMATION, DEVOIR DE MÉMOIRE, QUELLE BATAILLE?

 Tout juste élu candidat socialiste, François Hollande commémore le 17 octobre 2011 le cinquantenaire des massacres des "Algériens immigrés en métropole", et se déclare favorable à une reconnaissance des responsabilités de l'État français. Une avancée, semblerait-il...

Quels rôles jouent les journalistes, chevaliers dévoués à l'information, dans le relais de l'Histoire, sordide ou victorieuse? Question épineuse! Prenons cet exemple des exactions policières, orchestrées par le tristement célèbre Préfet de police Maurice Papon, ayant causé l'assassinat d'un nombre encore inconnu - une soixantaine, une centaine, une deux centaines - de morts parmi les Algériens manifestant contre la mise en place illégale et diffamatoire le  5 octobre 1961 du couvre-feu. "Un pogrom en plein Paris", selon Daniel Junqua, vice-Président de Reporters Sans Frontières. Arrestations massives, nombreux renvois en Algérie notamment dans le Palais des sports, à Vincennes, dans de mauvaises conditions. Roger Fray, le ministre de l'Intérieur de l'époque, justifie les violences policières par le devoir de protéger les citoyens contre les militants pourtant pacifistes. La censure alimente alors la construction d'un véritable "mensonge d'État", selon l'historien Emmanuel Blanchard. 

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Les journalistes "bâillonnés" ne relaient pas le crime policier. L'opinion publique et certains médias manifestent alors un racisme latent et le lectorat français de l'époque présente en général plus d'empathie pour les policiers tués par le Front de Libération National plutôt que pour les Algériens massacrés par la police. Un correspondant du quotidien L'Humanité grave tout de même dans les mémoires le graffiti "Ici on noie les Algériens". Les "buzz médiatiques" (Emmanuel Blanchard) autour du 17 octobre 1961 s'accentuent tous les dix ans, liant le travail d'information des journalistes à l'ancrage dans les mémoires. Les médias transmettent ainsi certaines représentations collectives au sens durkheimien, et jouent alors sur les mentalités.

Freddie Mercury / Claire Chabal

Ps: Dernier bonus lié au festival Expresso avec le concours des Unes géantes sur le thème "Super Ayrault"...


































A très bientôt bons et fidèles lecteurs de mes humeurs paisibles!

-rob-